Brigitte Delmotte, Directrice générale adjointe du Crédit Municipal de Paris

Institution fondée au XVIIᵉ siècle, le Crédit Municipal de Paris occupe depuis plus de trois siècles un patrimoine immobilier exceptionnel au cœur du Marais. Héritier du Mont-de-Piété créé en 1637 par Théophraste Renaudot, l’établissement public poursuit aujourd’hui une mission sociale au service des personnes en situation de fragilité financière.
Dans ce contexte, la gestion et la valorisation de son patrimoine immobilier constituent un enjeu important. Pour la vente d’un local commercial à
Corbeil-Essonnes et la recherche de locataires pour certains de ses espaces parisiens, le Crédit Municipal de Paris a fait appel à Agorastore. Brigitte Delmotte, Directrice générale adjointe, revient sur les enjeux patrimoniaux de l’établissement et sur cette collaboration.
Présentation et enjeux patrimoniaux
Pouvez-vous vous présenter et rappeler vos missions au sein du Crédit Municipal de Paris ?
Je suis Directrice générale adjointe du Crédit Municipal de Paris. Le périmètre de mes attributions couvre plusieurs services supports : la direction des ressources humaines, le service juridique et des marchés publics, le service du budget, la direction des services techniques, ainsi que la direction de la sécurité. Comme j’ai notamment la responsabilité du service juridique et des marchés publics, c’est par ce biais-là que je suis amenée à travailler avec les équipes d’Agorastore.
Quel est aujourd’hui le patrimoine immobilier du Crédit Municipal de Paris ?
Nous avons la chance d’être propriétaires d’un ensemble immobilier situé en plein cœur de Paris, dans le 4ᵉ arrondissement, à proximité de l’Hôtel de Ville et juste en face des Archives nationales. C’est un patrimoine que nous possédons depuis bientôt 250 ans. Toutes les activités du Crédit Municipal de Paris se déroulent dans ces bâtiments historiques. Nous n’avons pas d’autres établissements : tout se passe ici, dans le Marais ! Il s’agit d’un ensemble immobilier assez vaste, dans lequel nous accueillons nos clients, mais dont une partie des espaces est également proposée à la location.
Lorsque vous louez ces espaces, recherchez-vous des profils de locataires particuliers ?
Les profils peuvent être variés, mais nous veillons évidemment à ce que l’activité du locataire soit compatible avec notre statut d’établissement public. Nous excluons, par exemple, les activités cultuelles ou politiques, ou toute activité qui pourrait être jugée incompatible avec notre mission de service public.
Quels sont les principaux défis liés à la gestion de ce patrimoine ?
Nous avons la chance d’occuper des locaux absolument magnifiques. Mais ce sont aussi des bâtiments anciens qu’il faut faire évoluer dans le temps pour qu’ils restent compatibles avec des usages de bureaux ou d’accueil du public. Nous consacrons donc un budget d’investissement important à la mise à niveau et à la rénovation de nos installations : électricité, plomberie, réseaux techniques… Certaines infrastructures sont très anciennes, notamment en matière de chauffage, et nécessitent des adaptations. À cela s’ajoutent les enjeux liés au dérèglement climatique et à la transition énergétique. L’un de nos défis consiste à faire évoluer ce patrimoine historique pour continuer à l’utiliser dans la durée tout en limitant notre empreinte carbone et en garantissant un confort d’usage pour tous.
Processus de cession immobilière
Vous avez vendu en 2025 un local commercial de 205 m² à Corbeil-Essonnes. Pourquoi avoir décidé de céder ce bien ?
Ce bien constituait en réalité un cas un peu particulier dans notre patrimoine. Comme je le mentionnais, l’essentiel de nos locaux se situe dans le 4ᵉ arrondissement de Paris. Le local de Corbeil-Essonnes faisait figure d’exception. Il s’agissait d’une ancienne agence bancaire qui avait été utilisée à l’époque où le Crédit Municipal de Paris disposait encore d’une filiale bancaire. Ce local n’était plus exploité depuis une quinzaine d’années. Nous avons décidé de le mettre en vente. C’est à cette occasion que nous sommes entrés en contact avec Agorastore.
Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir Agorastore pour cette cession ?
C’est un collaborateur de notre service Marchés publics qui nous a parlé de la plateforme. Il connaissait déjà Agorastore pour la vente de mobilier ou de matériel réformé, dans ses fonctions précédentes. Il nous a suggéré de regarder si la plateforme proposait également des services pour
l’immobilier. En creusant le sujet, nous avons constaté que la solution correspondait parfaitement à nos besoins. En effet, comme tous les organismes publics, nous devons respecter les règles de la commande publique, notamment en matière de mise en concurrence et de publicité élargie. Or, nous ne disposons pas de l’expertise immobilière nécessaire pour organiser ce type de procédure en interne. La solution proposée par Agorastore est apparue comme une solution clé en main, qui nous permet de respecter notre cadre réglementaire tout en bénéficiant d’un accompagnement par des experts.
Quels critères sont essentiels pour vous lors d’un processus de vente ?
Nous avions fixé un prix plancher en dessous duquel nous ne souhaitions pas descendre. Les enchères se sont ensuite déroulées de manière classique et nous avons reçu plusieurs candidatures. Nous avons d’abord vérifié la compatibilité des projets avec notre statut d’établissement public. Par exemple, une association religieuse s’était portée candidate, mais nous avons dû écarter ce dossier pour cette raison.
Ensuite, nous avons retenu l’acquéreur qui présentait le profil financier le plus solide et la meilleure offre.
Le recours à un tiers expert comme Agorastore réduit-il la charge de travail interne ?
Oui, clairement. La solution est très simple à mettre en œuvre. Une fois le contact établi avec les équipes, nous avons rapidement été accompagnés par un chargé de clientèle dédié. Il y a d’abord une phase de découverte et d’expertise du bien, puis la mise en ligne de l’annonce, la publicité élargie et enfin la réception des candidatures. Entre la signature du mandat et la réalisation de la vente, l’opération s’est déroulée en deux à trois mois, ce qui est très rapide.
Une collaboration élargie à la recherche de locataires
Vous avez également sollicité Agorastore pour trouver un locataire pour un bâtiment historique situé dans le Marais. Pourquoi avoir choisi la location plutôt que la vente ?
Notre objectif est de conserver ce patrimoine historique tout en optimisant son utilisation.
La recherche de locataires nous permet donc de valoriser des espaces que nous n’utilisons pas pour nos propres activités tout en contribuant à consolider le modèle économique du Crédit Municipal de Paris.
Cette mission était inédite pour Agorastore. Comment s’est-elle déroulée ?
Effectivement, au départ, la recherche de locataires n’était pas un service qu’Agorastore proposait habituellement. Mais les équipes ont accepté d’explorer cette possibilité avec nous. Nous avons été vraiment très bien accompagnés. Les échanges ont été particulièrement fluides, avec beaucoup de réactivité et une grande transparence tout au long du processus. Nous avons également beaucoup apprécié la qualité de la relation avec les équipes : elles sont à la fois très professionnelles et très accessibles. Cette première expérience ayant été très positive, nous avons naturellement choisi de
renouveler la collaboration pour d’autres mises en location.
Quels enseignements tirez-vous de cette collaboration ?
Nous avons notamment appris l’importance de nous appuyer sur l’expertise du marché. Lors d’une première commercialisation, nous avions fixé nous-mêmes un niveau de prix qui nous semblait cohérent. Les équipes d’Agorastore nous avaient indiqué qu’il était peut-être un peu ambitieux par rapport aux réalités du marché. Nous avons malgré tout choisi de maintenir ce prix. Nous avons bien eu des visites et des candidats intéressés, mais cela n’a finalement pas abouti. Lors de l’opération suivante, nous nous sommes davantage appuyés sur les recommandations d’Agorastore, et les choses se sont déroulées beaucoup plus efficacement.
Collaboration avec Agorastore
Comment décririez-vous votre collaboration avec les équipes d’Agorastore ?
Nous avons eu des échanges très fluides, très réactifs et très simples. Les équipes sont vraiment dans une logique d’accompagnement et de proximité. C’est une collaboration très positive, qui nous a donné envie de poursuivre ce partenariat
Quels sont selon vous les principaux atouts d’Agorastore ?
Le principal atout est la capacité à assurer une mise en concurrence transparente et une diffusion très large des offres. Pour un établissement public comme le nôtre, c’est un point essentiel. Si nous sommes
contrôlés par nos autorités de tutelle, nous devons pouvoir démontrer que nous avons respecté toutes les règles de transparence et de mise en concurrence. La plateforme nous permet de répondre pleinement à ces exigences.
Perspectives
Comment les revenus issus des ventes immobilières sont-ils utilisés ?
Ils viennent renforcer notre budget d’investissement. Nos bâtiments sont remarquables mais nécessitent un entretien permanent. Dans notre dernier plan stratégique, nous avions prévu 12 millions d’euros d’investissements sur quatre ans pour moderniser nos installations et adapter nos bâtiments. La vente du local de Corbeil-Essonnes est venue abonder ce fonds d’investissement
Quels sont vos objectifs pour 2026 concernant la gestion du patrimoine immobilier ?
Notre objectif est de continuer à entretenir et à moderniser ce patrimoine magnifique, afin qu’il reste utilisable pendant de longues années.. Nous sommes dépositaires d’un ensemble architectural exceptionnel , avec des hauteurs sous plafond importantes, des caves, des greniers et des installations parfois très anciennes. Notre responsabilité est de les transmettre aux générations futures tout en répondant aux enjeux actuels, notamment environnementaux.


